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Introduction : pourquoi le riz cantonais maison est souvent décevant
Le riz cantonais figure parmi les plats les plus commandés dans les restaurants chinois et asiatiques à travers le monde, et pourtant, sa version préparée à la maison déçoit très fréquemment : un riz collant et humide, des grains agglutinés en une masse compacte, une saveur fade malgré l’ajout généreux de sauce soja. Ce contraste frappant entre la version de restaurant, où chaque grain de riz reste distinct et légèrement sauté, et la version maison, souvent pâteuse, s’explique presque toujours par une méconnaissance de quelques principes techniques simples mais absolument déterminants, des détails que les cuisiniers professionnels appliquent presque instinctivement mais qui restent largement méconnus du grand public.
Cette recette de riz cantonais vous transmet la méthode qui permet d’obtenir, chez vous, ce fameux riz grain à grain caractéristique des bons restaurants asiatiques : un riz cuit puis refroidi avant d’être sauté au wok, une chaleur suffisamment intense pour saisir rapidement chaque ingrédient sans les détremper, et un timing d’ajout précis pour chaque composant. Nous verrons pourquoi le choix et la préparation du riz en amont conditionnent, à eux seuls, une grande partie de la réussite finale de ce plat en apparence si simple.
Origine et signification du riz cantonais
Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser à un public occidental, le « riz cantonais » tel qu’on le connaît en France et dans de nombreux pays occidentaux n’existe pas véritablement sous cette forme précise dans la région de Canton (Guangdong) en Chine. Il s’agit en réalité d’une adaptation occidentale, largement inspirée du riz frit cantonais traditionnel (« Yeung Chow fried rice » ou riz frit façon Yangzhou), qui a évolué au contact des communautés chinoises immigrées, notamment en France, pour s’adapter aux goûts et aux habitudes alimentaires locales, avec par exemple l’ajout systématique de petits pois et de dés de jambon, des ingrédients moins présents dans les versions authentiques chinoises, illustrant ainsi un phénomène classique d’adaptation culinaire au contact d’une nouvelle culture d’accueil.
Cette évolution culinaire, loin d’être une trahison, témoigne au contraire de la remarquable capacité d’adaptation de la cuisine chinoise à travers le monde, chaque communauté d’immigrés ayant développé ses propres variations régionales de plats traditionnels, en fonction des ingrédients disponibles localement et des préférences gustatives de leur nouvelle patrie d’adoption. Le riz cantonais « à la française » est ainsi devenu, au fil des décennies, un plat à part entière, reconnu et apprécié pour ses propres qualités, indépendamment de sa fidélité plus ou moins stricte à la tradition culinaire cantonaise originelle.
La science derrière un riz cantonais réussi
Pourquoi le riz doit impérativement être froid avant d’être sauté
C’est sans doute le facteur le plus déterminant, et pourtant le plus fréquemment ignoré, dans la réussite d’un riz sauté digne de ce nom. Un riz fraîchement cuit contient encore une quantité importante d’humidité résiduelle et sa structure amylacée reste souple et malléable, ce qui le rend particulièrement sujet à s’agglutiner et à se transformer en une masse pâteuse dès qu’il est soumis à la chaleur et au mouvement du sautage au wok. Un riz refroidi, idéalement préparé la veille et conservé au réfrigérateur, voit au contraire sa structure amylacée se rétrograder (un phénomène appelé rétrogradation de l’amidon), ce qui raffermit chaque grain individuellement et limite considérablement leur tendance à coller les uns aux autres pendant la cuisson au wok, un principe physico-chimique aussi valable pour le riz que pour de nombreuses autres préparations amylacées destinées à être réchauffées ou transformées ultérieurement.
Le rôle de la chaleur intense et du wok
Contrairement à une poêle classique, le wok, avec ses parois incurvées et sa capacité à monter très rapidement à haute température, permet une cuisson extrêmement rapide qui saisit chaque ingrédient sans lui laisser le temps de libérer trop d’humidité dans la préparation. Cette rapidité de cuisson, caractéristique de la technique du sauté chinois (« stir-fry »), explique pourquoi les restaurants professionnels, équipés de brûleurs industriels capables d’atteindre des températures bien supérieures à celles d’une cuisinière domestique classique, obtiennent systématiquement un résultat plus sec et plus texturé qu’une préparation maison réalisée sur un feu moins puissant, un écart de performance qui explique en grande partie la différence de qualité souvent constatée entre les deux versions.
L’importance de l’ordre d’ajout des ingrédients
Le riz cantonais rassemble des ingrédients aux temps de cuisson très différents : les œufs cuisent en quelques secondes, les légumes comme les petits pois nécessitent un temps légèrement plus long, tandis que le jambon n’a besoin que d’être réchauffé. Respecter un ordre d’ajout précis, plutôt que de tout jeter simultanément dans le wok, garantit que chaque ingrédient conserve sa texture optimale, plutôt que de se retrouver soit trop cuit, soit insuffisamment chauffé au moment du service.
Ingrédients (pour 4 personnes)

| Ingrédient | Quantité | Remarques |
|---|---|---|
| Riz long grain cuit et refroidi (idéalement de la veille) | 500 g | Un riz basmati ou thaï convient parfaitement |
| Œufs | 3 | Battus en omelette |
| Jambon blanc ou jambon fumé | 150 g | Coupé en petits dés |
| Petits pois surgelés | 150 g | Décongelés à l’avance |
| Oignons nouveaux ou ciboulette | 3 tiges | Émincées |
| Ail | 2 gousses | Finement hachées |
| Huile de tournesol ou d’arachide | 4 cuillères à soupe | Une huile neutre supportant bien la haute température |
| Sauce soja | 3 cuillères à soupe | |
| Huile de sésame | 1 cuillère à café | Pour la touche finale aromatique |
| Sel, poivre | Selon goût |
Ces proportions se multiplient facilement pour une plus grande tablée, en veillant simplement à procéder par fournées successives plutôt que d’augmenter démesurément la quantité en une seule cuisson, ce qui compromettrait la chaleur nécessaire à un sautage réussi.
Le matériel recommandé
Un wok, idéalement en carbone traditionnel plutôt qu’antiadhésif, permet d’atteindre les températures les plus élevées possibles sur une cuisinière domestique. À défaut de wok, une grande poêle à fond épais peut convenir, bien que le résultat soit généralement légèrement moins spectaculaire en termes de saisie rapide des ingrédients. Une spatule en métal ou en bois à long manche facilite grandement les mouvements rapides et vigoureux nécessaires au sautage caractéristique de cette technique de cuisson chinoise.
Étapes de préparation détaillées

Étape 1 : préparer le riz à l’avance
Idéalement la veille, cuisez le riz selon la méthode habituelle, égouttez-le bien, étalez-le sur une plaque pour accélérer le refroidissement, puis conservez-le au réfrigérateur, non couvert ou légèrement couvert, jusqu’au lendemain, cette étape de préparation anticipée constituant véritablement la clé de voûte de toute la réussite de cette recette.
Étape 2 : préparer tous les ingrédients à l’avance
La cuisson au wok étant extrêmement rapide, préparez impérativement l’ensemble de vos ingrédients avant de commencer : œufs battus, jambon coupé en dés, petits pois décongelés, oignons émincés, tous disposés à portée de main.
Étape 3 : cuire l’omelette
Faites chauffer une cuillère à soupe d’huile dans le wok à feu vif, versez les œufs battus et laissez-les cuire rapidement en une fine omelette, sans trop remuer. Une fois prise, retirez et coupez en petits morceaux. Réservez.
Étape 4 : saisir l’ail et les oignons
Dans le wok bien chaud, ajoutez le reste de l’huile, puis faites revenir l’ail haché et une partie des oignons émincés pendant 30 secondes, jusqu’à ce qu’ils deviennent parfumés.
Étape 5 : ajouter le riz
Ajoutez le riz froid dans le wok, en l’émiettant soigneusement à la main si nécessaire pour séparer les grains qui auraient pu s’agglutiner au réfrigérateur. Sautez vigoureusement à feu vif pendant 3 à 4 minutes, en remuant constamment, jusqu’à ce que chaque grain soit uniformément chauffé et légèrement doré.
Étape 6 : incorporer les autres ingrédients
Ajoutez le jambon, les petits pois, puis l’omelette émiettée réservée. Poursuivez la cuisson 2 minutes supplémentaires, en mélangeant bien pour répartir uniformément tous les ingrédients à travers l’ensemble du riz.
Étape 7 : assaisonner
Ajoutez la sauce soja en filet, mélangez bien pour colorer uniformément le riz, puis rectifiez l’assaisonnement en sel et poivre selon votre goût. Terminez par un filet d’huile de sésame et les oignons nouveaux restants juste avant de servir, cette dernière touche aromatique apportant la note finale caractéristique qui distingue un bon riz cantonais d’une simple préparation à base de riz sauté.
Astuces de chef pour un riz cantonais irréprochable
Utilisez toujours un riz froid, jamais fraîchement cuit. C’est le facteur le plus déterminant pour obtenir des grains bien distincts plutôt qu’un riz collant.
Ne surchargez jamais le wok. Une quantité excessive de riz par rapport à la taille du wok empêche d’atteindre la chaleur nécessaire à un véritable sauté, transformant la cuisson en une simple vapeur.
Préparez systématiquement tous les ingrédients avant de commencer. La rapidité d’exécution caractéristique de cette technique ne laisse aucune place à l’improvisation en cours de cuisson.
N’ajoutez la sauce soja qu’en toute fin de cuisson. Un ajout trop précoce risque de détremper le riz avant qu’il n’ait eu le temps de bien se sauter et de développer sa texture caractéristique.
Émiettez soigneusement le riz avant de l’ajouter au wok. Le riz froid conservé au réfrigérateur a naturellement tendance à former de petits amas compacts qu’il convient de séparer délicatement à la main avant la cuisson, pour garantir une répartition homogène de la chaleur sur l’ensemble des grains.
Variantes populaires du riz cantonais
Riz cantonais aux crevettes
L’ajout de petites crevettes décortiquées, saisies rapidement au début de la cuisson avant d’être réservées puis réincorporées en fin de préparation, apporte une dimension plus généreuse et festive à ce plat, particulièrement appréciée lors des grandes occasions, les crevettes apportant une note iodée qui contraste agréablement avec la richesse du jambon et des œufs.
Riz cantonais végétarien
En omettant le jambon et en le remplaçant par des dés de tofu fumé légèrement saisis, ainsi qu’en ajoutant davantage de légumes (carottes, maïs, poivrons), on obtient une version végétarienne tout aussi savoureuse et satisfaisante, le tofu fumé apportant une texture ferme et une saveur légèrement fumée qui compense efficacement l’absence de viande dans cette adaptation.
Riz cantonais au poulet
Des dés de poulet préalablement saisis et réservés, puis réincorporés en fin de cuisson, transforment ce plat d’accompagnement en un plat principal généreux et complet, particulièrement apprécié pour un dîner rapide en semaine, une excellente façon également de valoriser des restes de poulet rôti de la veille.
Riz cantonais à l’ananas
Pour une version aux accents plus exotiques, quelques dés d’ananas frais ajoutés en toute fin de cuisson apportent une note sucrée-acidulée surprenante mais délicieuse, dans l’esprit du célèbre riz frit ananas thaïlandais, une variante particulièrement rafraîchissante durant les mois d’été.
Accompagnements et suggestions de service
Le riz cantonais accompagne traditionnellement de nombreux plats asiatiques (poulet à l’ananas, porc caramélisé, nems), mais se déguste également très bien seul, en plat principal léger, éventuellement accompagné d’une sauce soja supplémentaire et de quelques gouttes de sauce piquante pour les amateurs de saveurs plus relevées. Un bol de soupe miso ou une salade de concombre légèrement vinaigrée complètent également très bien ce plat, apportant fraîcheur et légèreté en contraste avec la richesse du riz sauté.
Erreurs fréquentes à éviter
Erreur n°1 : utiliser un riz fraîchement cuit et encore chaud. C’est l’erreur la plus fréquente et la plus dommageable pour la texture finale du plat.
Erreur n°2 : surcharger le wok. Cela empêche d’atteindre la température nécessaire à un véritable sauté et donne un résultat plus proche d’une cuisson à la vapeur.
Erreur n°3 : ajouter la sauce soja trop tôt. Cela détrempe le riz avant qu’il n’ait eu le temps de bien se colorer et de développer sa texture caractéristique.
Erreur n°4 : ne pas préparer tous les ingrédients à l’avance. La rapidité d’exécution de cette technique de cuisson ne pardonne aucun temps mort une fois la cuisson commencée, sous peine de brûler certains ingrédients pendant que vous préparez les suivants.
Erreur n°5 : utiliser un feu insuffisamment puissant. Une cuisinière domestique standard peine déjà à atteindre les températures des brûleurs professionnels ; réduire encore davantage l’intensité du feu par prudence compromet directement la qualité du sauté final.
Conservation et réutilisation
Le riz cantonais se conserve 2 à 3 jours au réfrigérateur dans un récipient hermétique. Réchauffez-le à la poêle ou au wok plutôt qu’au micro-ondes pour préserver au maximum sa texture, en ajoutant si nécessaire un filet d’huile pour éviter qu’il ne se dessèche excessivement. Évitez de réchauffer plusieurs fois le même riz, la présence de bacillus cereus, une bactérie naturellement présente sur les grains crus et pouvant survivre à une première cuisson, imposant une vigilance particulière quant à la conservation et au réchauffage du riz cuit, qui doit toujours être refroidi rapidement puis conservé au réfrigérateur sans excéder deux à trois jours.
Valeur nutritionnelle
Une portion de riz cantonais apporte environ 380 à 420 kilocalories, une source modérée de protéines issues des œufs et du jambon, ainsi qu’une teneur notable en glucides complexes issus du riz. Ce plat, relativement équilibré dans sa composition, associe glucides, protéines et une petite portion de légumes grâce aux petits pois, ce qui en fait un repas raisonnablement complet lorsqu’il est consommé comme plat unique, bien qu’il gagne à être accompagné de davantage de légumes frais pour un équilibre nutritionnel optimal dans le cadre d’un repas complet.
Le choix du riz : un critère déterminant trop souvent négligé
Le type de riz utilisé influence considérablement le résultat final de cette recette, un aspect fréquemment sous-estimé par les cuisiniers amateurs qui se contentent d’utiliser le riz déjà présent dans leur placard, sans considération particulière pour ses propriétés spécifiques. Le riz basmati, originaire du sous-continent indien, se distingue par une teneur en amylose particulièrement élevée, un type d’amidon qui limite naturellement l’adhérence entre les grains pendant la cuisson, ce qui en fait un excellent choix pour cette préparation où l’objectif recherché est précisément d’obtenir des grains bien distincts et individualisés. Le riz thaï, également riche en amylose bien que dans une moindre mesure que le basmati, constitue une alternative tout à fait satisfaisante, avec une texture légèrement plus tendre et un parfum caractéristique subtil qui se marie très bien avec les saveurs asiatiques de cette recette.
À l’inverse, les riz ronds ou semi-longs, plus riches en amylopectine (l’autre grand type d’amidon présent dans le riz), ont naturellement tendance à devenir plus collants pendant la cuisson, ce qui les rend nettement moins adaptés à la préparation d’un riz sauté digne de ce nom. Le riz utilisé traditionnellement pour les sushis ou pour le risotto italien, tous deux riches en amylopectine par nécessité technique propre à leur préparation respective, seraient ainsi des choix particulièrement malheureux pour cette recette de riz cantonais, où l’on recherche précisément l’effet inverse.
Le riz cantonais dans la restauration chinoise en France
L’histoire du riz cantonais en France est intimement liée à celle de l’immigration chinoise, notamment vietnamienne et cambodgienne d’origine chinoise, qui s’est particulièrement développée à partir des années 1970 et 1980, suite aux bouleversements politiques majeurs qui ont touché l’Asie du Sud-Est durant cette période. Ces communautés, installées principalement dans certains quartiers emblématiques de grandes villes françaises comme le treizième arrondissement de Paris ou le quartier de Belleville, ont progressivement développé une offre de restauration chinoise adaptée aux goûts et aux attentes du public français, tout en conservant certaines techniques et principes fondamentaux hérités de la cuisine chinoise traditionnelle.
Cette adaptation a donné naissance à ce qu’on pourrait appeler une véritable cuisine « chinoise de France », dont le riz cantonais tel que nous le connaissons aujourd’hui constitue l’un des exemples les plus emblématiques et les plus largement répandus. Contrairement à d’autres plats plus fidèlement transmis dans leur forme originelle, le riz cantonais à la française illustre parfaitement ce phénomène d’hybridation culinaire, où une recette d’origine s’enrichit et se transforme au contact d’une nouvelle culture d’accueil, sans pour autant perdre son identité fondamentale ni sa technique de préparation caractéristique.
Techniques avancées pour un résultat de niveau professionnel

Pour les cuisiniers souhaitant se rapprocher encore davantage du résultat obtenu dans les meilleurs restaurants chinois, quelques techniques supplémentaires, moins connues du grand public, peuvent faire une différence significative. La technique du « wok hei », littéralement le « souffle du wok » en cantonais, désigne cette saveur légèrement fumée et caramélisée caractéristique d’un riz sauté véritablement réussi, obtenue grâce à une combinaison de très haute température et de mouvements rapides qui font brièvement entrer en contact certains grains de riz avec les flammes directes, un exploit technique difficilement reproductible sur une cuisinière domestique classique, mais dont on peut se rapprocher en utilisant un brûleur à haute puissance et en travaillant par petites quantités successives plutôt qu’en une seule grande fournée.
Une autre technique professionnelle consiste à assaisonner le riz encore froid avec un peu de sauce soja et d’huile avant même de commencer la cuisson, ce qui permet une répartition plus homogène des saveurs sur l’ensemble des grains, plutôt qu’un simple arrosage en surface en fin de préparation qui risque de laisser certaines zones du plat insuffisamment assaisonnées par rapport à d’autres.
Adapter la recette selon les ingrédients disponibles
Le riz cantonais, par sa nature même de plat né de l’adaptation et de la créativité culinaire, se prête remarquablement bien à de nombreuses variations selon les ingrédients disponibles dans votre réfrigérateur. Les restes de viande de la veille (poulet rôti, porc effiloché, canard), coupés en petits dés et réincorporés en fin de cuisson, constituent une excellente façon de valoriser des restes tout en enrichissant considérablement ce plat de base. De même, presque tous les légumes peuvent trouver leur place dans cette préparation : maïs doux, carottes en petits dés, poivrons émincés, ou même quelques champignons noirs réhydratés pour une touche plus authentiquement chinoise.
Cette flexibilité remarquable explique en grande partie la popularité durable de ce plat dans les foyers occidentaux : au-delà de sa recette de base relativement simple à mémoriser, il offre un cadre technique fiable (riz froid, cuisson rapide au wok, ordre d’ajout des ingrédients) qui peut s’accommoder d’une infinité de variations selon les envies et les stocks disponibles, sans jamais compromettre la réussite du résultat final, à condition bien sûr de respecter les principes techniques fondamentaux détaillés dans cet article.
L’importance de la qualité des œufs et du jambon
Bien que le riz constitue naturellement l’ingrédient central de cette recette, la qualité des ingrédients secondaires mérite également une attention particulière pour obtenir un résultat véritablement satisfaisant. Des œufs frais, idéalement issus de poules élevées en plein air, offrent une couleur plus soutenue et une saveur plus riche une fois cuits en omelette, une différence particulièrement perceptible dans une préparation aussi simple où chaque ingrédient garde son individualité plutôt que de se fondre dans une sauce complexe.
Concernant le jambon, privilégiez un jambon blanc de qualité, sans excès de conservateurs ni de eau ajoutée, qui aurait tendance à libérer davantage d’humidité pendant la cuisson au wok et à compromettre légèrement la texture sèche recherchée pour l’ensemble du plat. Certains cuisiniers, désireux de se rapprocher davantage des versions plus authentiquement chinoises, remplacent le jambon occidental par du char siu, ce porc laqué chinois à la saveur sucrée-salée caractéristique, coupé en petits dés, pour une version plus proche des traditions culinaires originelles de la région de Canton.
Le riz cantonais et la culture du repas partagé en Chine
Dans la tradition culinaire chinoise authentique, le riz frit, dont le riz cantonais occidental s’inspire largement, occupe généralement une place différente de celle qu’on lui attribue en Occident. Plutôt que d’être considéré comme un plat unique et complet en soi, il constitue traditionnellement l’un des multiples plats partagés qui composent un repas chinois typique, aux côtés de plusieurs autres préparations à base de viande, de légumes et de soupe, l’ensemble étant disposé au centre de la table et partagé collectivement entre les convives, une pratique culturelle qui reflète des valeurs de convivialité et de partage profondément ancrées dans la société chinoise traditionnelle.
Cette différence culturelle explique en partie pourquoi la version occidentale du riz cantonais, souvent servie comme accompagnement généreux ou même comme plat unique complet, s’éloigne quelque peu de sa fonction originelle au sein d’un repas chinois traditionnel, où il jouerait davantage un rôle de base neutre destinée à accompagner et équilibrer la richesse des autres plats plus élaborés servis simultanément, plutôt que d’être lui-même chargé de porter l’ensemble des saveurs et des protéines d’un repas complet, comme c’est souvent le cas dans son adaptation occidentale.
Le rôle de la sauce soja : comprendre les différentes variétés
La sauce soja, ingrédient d’assaisonnement essentiel de cette recette, existe en réalité sous de nombreuses variétés dont la méconnaissance peut significativement affecter le résultat final. La sauce soja claire (« light soy sauce »), plus salée et moins colorée, convient parfaitement pour assaisonner sans trop foncer la couleur du plat, tandis que la sauce soja foncée (« dark soy sauce »), plus épaisse, plus sucrée et davantage colorée, s’utilise généralement avec parcimonie pour apporter une teinte plus prononcée sans excès de salinité. Pour cette recette de riz cantonais, une sauce soja claire de bonne qualité reste généralement le choix le plus adapté, garantissant un assaisonnement équilibré sans masquer excessivement la couleur dorée naturelle apportée par l’omelette et le sauté des grains de riz.
Évitez les sauces soja premier prix, souvent chargées en exhausteurs de goût artificiels et en colorants, au profit d’une marque de qualité, idéalement fermentée naturellement selon les méthodes traditionnelles, qui offre une profondeur de saveur umami bien supérieure à celle d’une sauce soja industrielle standard, une différence particulièrement perceptible dans une recette où cet assaisonnement joue un rôle central dans l’équilibre gustatif global du plat.
Foire aux questions (FAQ)
Pourquoi mon riz cantonais est-il toujours collant ?
Ce problème provient presque toujours de l’utilisation d’un riz fraîchement cuit et encore chaud, plutôt qu’un riz refroidi au moins plusieurs heures, idéalement une nuit entière, au réfrigérateur.
Quel type de riz utiliser pour un riz cantonais ?
Un riz long grain, comme le basmati ou le riz thaï, convient particulièrement bien grâce à sa texture naturellement moins collante que celle d’un riz rond.
Peut-on préparer le riz cantonais à l’avance ?
Oui, il se conserve bien plusieurs jours au réfrigérateur, bien qu’il soit toujours meilleur fraîchement préparé et servi immédiatement après cuisson.
Faut-il un wok pour réussir cette recette ?
Bien qu’un wok facilite grandement l’obtention d’une chaleur intense et homogène, une grande poêle à fond épais peut également convenir, avec un résultat légèrement moins spectaculaire.
Peut-on congeler du riz cuit pour préparer plus tard un riz cantonais ?
Oui, le riz cuit se congèle très bien, ce qui constitue même une excellente stratégie d’anticipation : décongelez-le simplement au réfrigérateur la veille de la préparation, ce qui lui permet d’atteindre exactement la texture froide et légèrement rassie recherchée pour cette recette.
Comment éviter que le riz cantonais ne soit trop sec ?
Un excès de cuisson ou une quantité insuffisante d’huile peuvent effectivement dessécher le plat ; n’hésitez pas à ajuster légèrement la quantité d’huile utilisée selon votre préférence personnelle, tout en gardant à l’esprit qu’un léger côté sec, loin d’être un défaut, constitue en réalité l’une des caractéristiques recherchées de cette préparation, à l’opposé d’un riz détrempé et collant.
Conclusion
Le riz cantonais maison, loin de la version collante et fade souvent obtenue par méconnaissance des techniques de base, révèle tout son potentiel une fois quelques principes simples respectés : un riz froid préparé à l’avance, une chaleur intense au wok, et un ordre d’ajout précis des différents ingrédients. En appliquant cette méthode, vous obtiendrez un riz cantonais digne des meilleurs restaurants asiatiques, grain à grain et savoureux, aussi simple à préparer qu’impressionnant à déguster, capable de rivaliser sans complexe avec les meilleures versions proposées en restauration, tout en s’adaptant facilement aux ingrédients dont vous disposez déjà dans votre cuisine.
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